À dix ans, Abiba n’a pas été « recueillie » : elle a été saisie comme un gage humain par le tout-puissant parrain Charles Degaule, chef d’un clan franco-européen aux ramifications obscures. Sa mère, Rabiath , a disparu dans la nuit, effacés du monde des vivants pour une dette de sang qu’elle n’a jamais pu régler. Elevée dans la geôle dorée du patriarche, Abiba a appris la première règle de l’omerta : pour survivre, il faut fléchir sans jamais faiblir. Elle a baisé la main qui la frappait, essuyé les humiliations et porté le masque de la soumission, tandis que le vieux Don la préparait à devenir un pion sur son échiquier criminel.
À vingt ans, l’oiseau en cage a mué en arme fatale. Sa peau claire luit sous les néons du manoir, ses courbes ciselées affolent les hommes de main. Mais Degaule ne voit plus en elle une servante : il la perçoit comme un actif négociable, un lot à monnayer lors des prochains trafics d’influence. Deux ans plus tôt, à dix-neuf ans, elle avait osé défier le patriarche en refusant d’être « déflorée » et vendue à un cartel sud-américain pour sceller un pacte d’armes. Cette rébellion lui a valu des nuits de caveau et des cicatrices qu’elle porte encore sous ses vêtements.
Aujourd’hui, Raoul, l’aîné et l’héritier du clan Degaule, pose ses griffes sur elle. Sous couvert d’un « amour » brutal, il veut l’épouser pour l’enfermer définitivement dans la lignée de ses bourreaux. Face à cette alliance forcée, Abiba ronge son frein.
Acceptera-t-elle de troquer sa chaîne contre un anneau, au risque de voir le sang de sa famille sombrer à jamais dans l’oubli ?
Ou fera-t-elle de cette union un piège mortel, retournant la violence du clan contre le vieux Don, et transformant son cœur brisé en une main sanglante prête à étrangler la dynastie Degaule ?
À propos de l'auteur
J'écris pour les amoureux.